Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 19:35

 

 

 

 

Finalement, les êtres humains avec qui je parle le plus, c'est les étudiants. Même si ça m'inquiète, je kiffe ça. Eux aussi apparemment. Peut-être qu'ils apprécient ma façon de leur expliquer le concept sociologique « d'individu rationnel » en montrant que je – individu – n'ai aucun intérêt – matériel, spirituel – à sauter par la fenêtre – action – au vu des dégâts escomptés – nous sommes au 7éme étage. Calcul du ratio coût / avantage à agir - intérêt individuel – coût maximum: pouf pouf individu rationnel.

 

Depuis que j'ai expliqué ce truc là, une nana arrête pas de se marrer à chaque fois que je sors un concept. Elle comprend rien à ce que je dis elle me l'a avoué, mais je la fais rire. Je l'ai perdue dès l'introduction: « Naissance de la sociologie ». Elle s'est arrêtée là et depuis elle se marre dès qu'elle entend individu ou rationnel. Même quand ils sont pas dans la même phrase, j'ai essayé. Forcément comme c'est un cours de sociologie j'ai une marge de manœuvre assez limitée. Par conséquent mes cours sont pour elles une compilation de sketches absurdes. Un one man show loufoque. À l'université. Le jeudi matin, 9H. Concept.

 

On m'avait fixé comme objectif pédagogique un truc assez clair. « C'est quoi, votre ambition avec ces premières années de licence ? », je demande au responsable du bazar. « Oh bah clairement l'objectif c'est d'en garder quelques-uns ». Stimulation. C'était à la fin de l'été dernier. A l'époque je savais plus très bien si je voulais être prof ou comédien. J'ai pas encore tranché au final. Et visiblement je peux me passer de la question.

 

« Ce qui est bien avec vous c'est que vous désacralisez un peu la chose quoi ». Tu m'étonnes John. Je vais te la faire comprendre la typologie des motifs d'action chez Weber, à grands coups d'idéaux-types. T'as l'action traditionnelle: te lever le matin en évitant de te poser trop de questions, éteindre ton putain de réveil, te doucher, sans te demander si c'est forcément rationnel de se doucher le matin attends non si je sais plus t'as deux heures pour que j'y réfléchisse? Deuxio, t'as l'action affective: exploser ton réveil à coups de poings, faire l'amour, te recoucher. Tertio t'as l'action rationnelle en valeur: te bouger le cul à la fac pour en sauver quelques uns. Et quatro t'as l'action rationnelle en finalité: te lever pour le travail, gagner de l'argent. Pouf pouf et capitalisme et éthique protestante et Max Weber 1905.

 

On m'avait demandé: « Rendre concret la théorie sociologique, quoi ».

 

J'ai répondu.

Par Le Déserteur - Publié dans : Des jours en désordre - Communauté : NO COMMENT et COMMENT
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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 08:55

 

 

Chapitre Un:

Au début, ils se rencontrent

(513 pages. Faut le temps)

 

Chapitre Deux:

Ensuite, ils font l'amour

(2 pages)

 

Chapitre Trois:

Ils se découvrent

(En cours)

 

Chapitre Quatre:

Ils s'aiment

(En principe. Prévoir une centaine de pages, pas plus)

 

Chapitre Cinq:

L'amour dure trois jours

(cf. supra)

 

Chapitre Six:

Ils se jaugent

(Jusqu'au chapitre dernier)

 

Chapitre Sept:

Ils vivent en couple

(Éviter de faire souffrir le lecteur: 6 à 7 pages)

 

Chapitre Neuf:

Ils se détestent

(355 pages)

 

Chapitre Dix:

Ils se séparent

(1 seule)

 

Chapitre Huit:

J'ai oublié

 

 

Une belle histoire

Par Le Déserteur - Publié dans : Des jours en désordre - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 08:42

 

 

J'ai j'ai j'ai

j'ai souvent dit j'ai j'ai

mais j'ai pas dit grand chose

 

je je je

c'est un peu prétentieux

je ne suis pas une chose

 

j'ai j'ai j'ai

j'ai quand même espéré

mais ne crois plus ni n'ose

 

je je je

la ferme un peu tu veux

j'essaie de faire une pause

 

j'ai j'ai j'ai

j'ai qui au juste aimé

je suis plein d'ecchymoses

 

je je je

je n'ai plus de ciel bleu

enfin, cueille la rose...

 

alors je sui parti

 

vers vers vers

vers de grands espaces verts

enfin tenter l'osmose

 

j'ai j'ai j'ai

lâche enfin ses paquets

tout ça il le dépose

 

sur sur sur

il n'en est pas si sûr

mais pour une fois il ose

 

des des des

faciles, les rimes en é

des rimes qu'on propose

 

alors il est parti

 

Nous ne savons plus grand chose

 

 

Par Le Déserteur - Publié dans : Poétique en toc - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 16:24

 

Ça doit être ce qu’on appelle la chance du débutant. Un truc tout con qui fait que.

On part à Lille à 18H00, c’est ma première expérience de covoiturage – j’ai 30 ans. Je connaissais bien le truc pour en avoir entendu parler de la bouche de mes potes les plus disons tendance. Enfin paraît-il que ça permettait de faire de sacrées économies et qu’en plus c’était écolo. Utile et peut-être agréable, je me dis, c’est tout bon. 15 euros l’aller Lille / Paris. Même avec un clodo moi je prends. Bref. J’appelle le mec la veille pour savoir si tout roule et il me dit que oui, tout va rouler. A son accent, j’ai reconnu un ivoirien, je sais pas pourquoi mais j’ai vu juste, le mec était ivoirien. Il m’avait dit : « Une BMW noire, rendez-vous 18H Porte d’Arras ». Je me suis dit : c’est dans les tons, tout va rouler.

J’arrive à 17H45, parce que je sais pas je le sens bizarre quand même, et puis j’ai appris à devenir prévenant comme mec. Voilà, prévenant. Maintenant j’arrive à l’heure à mes rendez-vous. Si, presque. Mais là je sais pas, quelque chose me dit que. L’instinct.

Toujours faire confiance à l’instinct.

Alors j’arrive 17H45 le mec m’avait dit je serai en avance il arrive avec un quart d’heure de retard. La BMW noire approche, se gare, oui bonjour c’est moi Pierre moi c’est X, oui c’est vous bonjour.

Bonjour.

A l’arrêt de bus, y avait deux wesh wesh qui attendaient je pensais un bus mais en fait l’un des deux attendait X. Le un du deux se pointe vers la BM ; il fait « Wesh c’est toi X, moi c’est Issa. » X lui fait ouais et Issa monte direct à l’arrière, dans le coin, ce qui signifie, je l’ai compris après : j’ai pas forcément envie de vous parler, j’écoute ma zique et je m’endors si je veux ». Avait tout pigé. Moi évidemment, je monte devant, place du mort, franco. Je vais discuter je suis pas une brute. Puis deux beurettes se pointent, en plus, histoire de bien remplir la bagnole. On est cinq. En somme j’étais le seul blanc et pour une fois ou deux ou trois ou plus ça me faisait du bien de me sentir quelque part en minorité.

Les deux beurettes montent à l’arrière après qu’elles eussent décliné mon invitation à monter devant, les femmes d’abord. Mais non. Elles préfèrent s’éclater à s’envoyer des SMS délires à l’arrière de la caisse. Allons bon, je monte devant.

Alors salut moi c’est Pierre oui je sais ah ah ah moi c’est X et c’est la première fois que je fais du covoiturage. Ah, vous aussi. Briser la glace.

Tu parles qu’on l’a brisée.

Alors en fait non c’est pas la première fois qu’il en faisait avant il le faisait sur un autre site genre car to car et puis les mecs étaient pas sérieux et là c’est sûr que covoiturage.fr, les mecs sont quand même plus sérieux. Soit. N’empêche que c’était sa première à lui aussi sur covoiturage.fr.

Donc, covoiturage.fr.

Je recommande.

On s’installe, on roule à peu près tranquilles. Et vous autres c’est la première fois ? Oui, non, oui, moi c’est la deuxième et vous ah ouais je fais ça tout le temps ouais c’est cool.

Je me dis que toit ça doit ressembler à des conversations de covoiturages normales. J’enchaîne. Ouais, baptême du feu ah ah ah ouais c’est marrant en fait.

Marrant.

Tout va bien on discute de temps en temps sans trop se faire chier ni faire d’effort à parler. Quand le silence tombe il tombe et puis voilà. Et on reprend quinze minutes plus tard sur un truc anodin qui nous passe par la tête. Des relations humaines quoi. Tout le monde semble suivre. Je suis.

Je suis.

Kilomètres 69, on passe le péage.

Un truc à ce moment-là change dans la bagnole. Je saurais pas bien dire quoi mais quelque chose change. Une atmosphère. Un air d’ambiance. Une émotion collective. Un truc. ou moi, probablement.

On quitte le péage et le mec se met à accélérer comme un malade, il claque des poussées, comme ça. Bon. Je lui fais : « Dites donc, elle a des petites poussées pas dégueus, encore. »

Pas dégueus, que je lui fais.

X me répond :

"Avec les BM, on compte pas le kilométrage. 

- Ah bon pourquoi ? Elle a combien au compteur ? 

- 350 000.

- ..."

Là-dessus, X pousse une accélération de malade, un truc de barge, il monte à 160 en six quatre deux les mecs et les nanas derrière ils se mettent à suer. Et on est partis sur l’autoroute à 160 en BM, je me dis, à cette heure-là, la porte de la chapelle j’y suis en 45 minutes. Je tente de respirer écrasé dans le fauteuil.

45 minutes.

Au kilomètres 69, 7, il se passe quelque chose. Le moteur se met à battre clac clac clac toutes les à peu près 2 / 3 secondes. Silence. Bruit du moteur. Personne ne dit rien. Je me retourne. Les mecs chient dans leur froc.

Je regarde devant moi.

Une seconde.

Clac clac clac.

Le moteur explose.

Fumée, feu, fumée. Ralentissement laborieux perte de contrôle sidération. Arrêt du véhicule. Terre-plein central. Autoroute A1. Milieu. Peur.

Les camions, caravanes, utilitaires déboulent à 140 pas de radar, klaxonnent panzer dans nos putain d’oreilles, enculés 130 et 140 ça hurle et ça bastonne, martèle le sol dans ta petite gueule droite et gauche devant derrière autour dedans qu’est-ce qu’on fait ?

Un truc, je disais. Je l’avais bien senti, deux jours plus tôt je m’endormais sur un reportage merdique sur la sécurité sur les autoroutes. Sûr. Je gueule : « On sort de cette bagnole, tout de suite ! Faut rejoindre les barrières de sécurité !». « C’est quoi ? » Les mecs ils percutent pas. J’ouvre la porte et comme un connard de candidat de Fort Boyard je gueule : « On sort ! On sort ! Maintenant !» Et le mecs se mettent tranquillement à sortir, à traverser l’autoroute en marchant sous les klaxons des cametards, des caravanes hollandaises. Les cons. Une des nanas manque de se faire éventrer par un coup de rétro d’allemand. Elle se retrourne son portable à la main,  et insulte le chauffeur, qui est déjà loin, loin dans ses considérations post-coloniales. Tu m’étonnes, trois beurs, un noir et un blanc, ça pue le trafic de drogue à plein nez. Toujours est-il que la barrière de sécu, et  la glace, on les a brisés, et rapidement.

Alors on se retrouve de l’autre côté de la barrière, forcément. On s’est mis à se tutoyer, d’emblée. Les accidents, ça rapproche.  Mais on avait pas le costume jaune, le truc à foutre dans ces cas-là, les mecs de la SANEF nous l’ont bien dit : « Vous avez eu le bon réflèxe, mais il vous manque quand même le gilet jaune. »

Le gilet jaune. T’es en train de crever et mes mecs de la SNAEF te demandent ton gilet jaune. Dans ces cas-là tu penses d’abord à ta peau, pas au gilet jaune, mec.

Mais moi je me souviens d’un truc joli. Je suis reparti à la bagnole parce que j’avais oublié ton écharpe dedans. J’ai attendu que 3 camions rouges passent et j’ai foncé.

Alors bon on monte dans la dépanneuse qui nous emmène à Le Transloy. Sur 107,7, on a eu notre petite heure de gloire. « On signale cinq piétons derrière les barrières de sécurité et une BMW noire arrêtée en plein milieu de l’autoroute A1, soyez vigilants au kilomètre 69. » « C’est nous ! », que je gueule. Les nanas relaient illico sur facebook.

La dépanneuse nous dépose ; on attend. On attend que X, légalement plus ou moins responsable de nous gère lui-même sa merde avec le dépanneur, sa bagnole, sa bielle, ses assurances et que son compte se vide peu à peu.

Alors pendant ce temps-là les beurettes tentent d’exploiter ma veine vicieuse, du genre, bon, on a quand même fait un accident c’était pas prévu, lui il va nous emmener en taxi à Paris et c’est son assurance qui paie donc lui il paie rien, donc nous  non plus. J’ai admiré l’efficacité du raisonnement. Elles s’en sortiront bien dans la vie. Elles s’en sortiront bien.

Le tacos arrive, Mercedes flambant neuve on n’a pas tout perdu. Cette fois-ci, je me mets à l’arrière, j’ai retenu la leçon ; je me replonge dans le Meilleur des mondes.

Le compteur se met à tourner. 169, 15 E. 267, 45 E. 351, 15 E vous êtes arrivés. Je suis vivant. Bordel, je l’aurais au moins fait une fois, Lille / Paris en tacos.

Mais en 6 heures.

En arrivant chez mon pote, un peu plus tard que prévu forcément, et après m’être trompé deux ou trois fois ou plus de correspondance, sa porte est fermée à clé j’ai pas le code son portable répond pas. J’aurais été capable de m’allonger sur le sol comme une merde et d’y planter ma nuit.

Heureusement il est là, me transmet le code. Je monte chez lui. Juste avant, je t’ai appelé sans le faire exprès – sûrement ton écharpe. Je raconte l’aventure à mon pote hilare, il me sert à bouffer, à boire, des clopes, il me prépare mon pieu enfin c’est mon pote quoi. Une dernière cigarette et mon cœur déserteur, je parcours les magazines posés sur la table. Je tombe sur Auto-Plus.

Je sens une nuit métallique. A quatre roues et à cylindres. Une bête enragée court seule dans le moteur et crachotte des lames de fer ses pattes qui s’agrippent au cockpit, tranche, coupe, arrache, extirpe ses organes mous entortillés de fils où coule or l’huile brûlante.

Ce qui s’appelle couler une bielle.

« Étymologie

voir couler et bielle.

Locution verbale

couler une bielle /ku.le y.n(ə) bjɛl/

(Mécanique) Faire fondre, à la suite d'un échauffement anormal (souvent par défaut de lubrification) l’antifriction qui recouvre la tête de bielle d’un moteur à explosion. Le coulage de bielle signifie, en pratique, la « mort » du moteur.

Le garagiste, après avoir fait la vidange de ma voiture a mal resserré, le bouchon de vidange. Résultat : il y a eu une fuite, que je n'ai pas remarquée, et j’ai coulé une bielle sur l’autoroute !

(Figuré) (Argot) Craquer physiquement ou moralement par épuisement.

J’avais prévenu Gérard qu’il devait s’entraîner plus sérieusement. Il ne m’a pas écouté et l’autre jour, au marathon, il a coulé une bielle au bout de 20 km..."

 

X rentrait de vacances. La rentrée quoi. 

Par Le Déserteur - Publié dans : Des jours en désordre - Communauté : Les chroniques de la meute
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 14:29

 

 

 

La vie c'est comme.

Non la vie c'est comme rien du tout.

Tiens.

Rien du tout définit très bien la vie.

Mais ne la remplit pas.

Or, une vie bien remplie c'est tout de même préférable à une vie sans rien.

En même temps plusieurs rien ça peut faire beaucoup de choses.

Et plusieurs choses ça peut former un tout.

Qui n'est pas rien du tout.

Donc.

Problème. 

Qui dit problème dit solution.

Solution à la vie: ne pas se poser de questions.

Ainsi, plus de solutions.

Plus de problème.

La vie

 

 
 

Par Le Déserteur - Publié dans : Saynètes - Communauté : Les chroniques de la meute
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 12:22

 

Avec elle j'ai tout de suite senti que ça pouvait aller loin, très loin. Dès le départ elle m'a donné le ton, m'a pas laissé le temps. J'ai dit tant pis; aujourd'hui je dis tant mieux.

 

Faut dir  ça a été sur les planches notre première rencontre. Savez, les premières rencontres. Celles  où y se passe forcément quelque chose et qu'on retient. Et puis que si y se passe rien ben on retient quand même. Sa robe légère, sa façon d'enrouler ses doigts autour de sa cigarette, les tâches de couleur dans ses pupilles. Un souvenir quoi. Elle elle m'a gerbé dessus. Tout de suite. Comme ça. Sur le torse. Direct. Ce qui s'appelle annoncer la couleur.

 

D'ailleurs là elle est encore en train de gerber. Mais dans un chiotte cette  fois, le métier est rentré si je puis dire. C'est un jour de première, c'est un peu normal. Le métier qui rentre. Je disais.

 

Alors on part à Paris ensemble. Elle qui conduit.

Vous imaginez la couleur du mélange.

 

J'annonce.

 

Fixer une heure de rencdez-vous. Le rater. Parcourir 300 mètres en voiture, recevoir un appel du CHR qui nous enjoint à récupérer le chat Agläe chez machine parce qu'elle vient de se faire hospitaliser pour mal du siècle alors faudrait voir à s'occuper du chatt. Chercher le chat, chercher la maison du chat, chercher le chat, courir après le cht, le piéger, l'attrapper en ayant un peu envie de le tuer, huit heures trentes. Déposer l'animal dans sa cage de plastique orange avec poignées et livrer ladite cage à l'adresse A, chez machine 2, pour qu'en plus de son nouveau-né, elle s'occupe d'un chat. Prendre le volant plus léger tout de même, partir pour Paris.

Dans la direction de Paris.

Vers Paris.

Puis finalement de plus en plus loin de Paris.

 

Reprendre la bonne direction.

Et quelques anxiolytiques. 

 

S'allonger assis dans une voiture. Ecouter de la musique. Ouvrir une bouteille de coca fenêtre ouverte et se prendre le contenu dans la gueule, merde mon costume. Respirer. Fermer les fenêtres, et les paupières. S'arrêter pisser quand même. Prendre une photo des chiottes d'autoroute. Méditer sur la symbolique du truc et reprendre le volant. Reprendre le volant. 

 

Arriver vivant.

A Aubervilliers finalement.

Ne pas chercher à comprendre.

Oublier.

Se souvenir.

Vivre.

Par Le Déserteur - Publié dans : Saynètes - Communauté : Encore plus d'humour
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Le Déserteur

Que foutre avec ce blog?

Le Déserteur fuit. Et il a bien raison. Qui a envie de foutre les pieds sur terre? Dans sa course, il laisse derrière lui de petites tranches de vie, les saynètes, et des paroles en l'air, de la oétique en toc, ni référencée chez Aristote ou chez Boileau, mais qui devrait trouver son fondement.


Le Déserteur envoie aussi des lettres, bouteilles plus ou moins vides, plus ou moins pleines, lancées contre les murs. Avec un peu de chance, en remontant le fil, et sans se couper, on comprendra peut-être le déserteur.

 

On travaille ici à rester en vie dans les conditions qui nous ont été laissées.

Les miettes.

On n'y trouvera pas d’articles quotidiens, à suivre au jour le jour, mais des articles sur le quotidien. Des bouts de phrases, des fragments, des constats en éclat, des colères, du rire, des riens du tout. De l'humain, quoi.  Et quelques pages.

 

La logique? Les rubriques, des sortes d'étiquettes, des cases pseudo-thématiques. Le mieux étant quand même de consulter les rubriques d'écriture, pour tenter d'introduire un peu de cohérence, délimiter un peu.

 

Se frayer un chemin.


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